Joseph Safra, héritier d’une dynastie faite d’or et de mystères

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Elu par le magazine Forbes, le plus riche banquier du monde, Joseph Safra est l’héritier d’une dynastie financière entourée de mystères.

Bien que Joseph Safra soit maintenant considéré par le magazine Forbes comme le banquier le plus riche du monde, la richesse de sa famille remonte beaucoup plus loin dans le temps et le mystère entourant cette dynastie financière fait du clan Safra une véritable légende obscure et fascinante.

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Le succès de Joseph Safra, né en 1939 à Alep et aujourd’hui la figure de premier plan d’un empire financier, est dû avant tout au travail acharné de ses parents. Cette véritable dynastie a commencé il y a plus d’un siècle avec l’arrière-grand-père de Joseph à l’époque de l’Empire ottoman. À l’époque, la famille était au cœur du marché de l’or, facilitant le commerce à travers le Moyen-Orient. Cette famille juive libanaise est rapidement reconnue pour sa capacité à faciliter le commerce entre Alexandrie, Alep et Istanbul.

Pour conquérir le monde

Quand l’Ottoman Empire commence à s’effondrer, Jacob Safra, le père de Joseph, quitte l’entreprise familiale et se dirige vers Beyrouth avant d’être rejoint par l’un de ses fils, Edmond, le frère de Joseph, et établit la banque Jacob E. Safra. Peu après la Seconde Guerre mondiale, Jacob a créé son entreprise à São Paulo où il a ouvert ses premières opérations brésiliennes en 1955, Safra SA.

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Écrits dans une langue arabe ancestrale qui ne pouvait être déchiffrée que par les communautés séfarades élitistes du Moyen-Orient, leurs registres ont toujours été un élément central du mystère qui entoure la famille. Et plus d’un a vu ce mystère comme la clé du succès de la famille.

Ce n’est qu’un an plus tard que l’aîné des frères et sœurs de Safra, Edmond, partit pour Genève où il fonda la Banque du Commerce et du Développement, qui devint bientôt la principale source de richesse de l’empire Safra. Elle possédait déjà 5 milliards de dollars d’actifs au milieu des années 1980.

Quelques années seulement après son récent tour de force en Suisse, Edmond Safra a dirigé aux États-Unis où il a créé une autre institution à succès, la Republic National Bank à New York, qu’il a vendue à la HSBC en 1999.

Mystères et scandales

C’ est finalement dans les années 1980 que les Safra ont goûté leur premier scandale. C’est à cette époque qu’Edmond Safra a dû vendre, en raison de la crise de la dette latino-américaine, la Banque de commerce et de développement à American Express.

Mais l’acquisition ne se déroulait pas comme prévu pour American Express, ce qui empêchait encore Edmond Safra de racheter sa banque. Cette dernière a donc créé une nouvelle entité en concurrence directe avec cette dernière. American Express a lancé une campagne de diffamation contre le banquier, qui a finalement forcé l’entreprise à s’excuser publiquement et à faire don de huit millions de dollars à une organisation de choix de Safra quelques années plus tard.

Or et sang

De plus, la vie privée d’Edmond Safra est devenue compliquée. Un célibataire endurci, trop effrayé pour s’engager avec quelqu’un seulement intéressé par son argent, le banquier a finalement rencontré Lily Monteverde une veuve riche qui venait de perdre son deuxième mari après qu’il s’est suicidé. Il y avait des soupçons à l’époque que Lily avait tué son mari.

Malgré les avertissements de ses frères cadets, Edmond Safra a épousé Lily en 1976. Les conjoints vivent alors dans le plus grand luxe, achetant des maisons somptueuses partout dans le monde. Mais en 1999, Edmond Safra a été retrouvé mort dans son appartement à Monaco. La cause : empoisonnement à l’arsenic. Si son infirmière a été reconnue coupable, des soupçons sont toujours dirigés vers sa femme.

Après cette tragédie, Joseph Safra sortit peu à peu de l’ombre pour finalement reprendre l’empire de Safra. Plus discret et moins sulfureux que son frère aîné, Joseph Jafra fit entrer Banco Safra dans le XXIe siècle.

Regard vers l’avenir

Et il semble qu’à 73 ans Joseph Safra ait encore de grandes ambitions pour son groupe. En 2014, il a acheté la banque suédoise Sarasin pour 1,1 milliard de dollars et 285 millions de dollars de bureaux sur Madison Avenue à New York. Rien ne semble pouvoir arrêter cette dynastie qui, jusqu’à aujourd’hui, a enveloppé ses activités dans un épais voile de mystère. Une loi du secret qui étouffait certains de ses enfants mais lui permettait aussi d’être le clan impitoyable qu’elle devenait.

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