Christina Guilloton fait partie de ces profils qui ne rentrent dans aucune case classique de l’audiovisuel. Passée par la production de contenus sous le nom Fingers in the Prod, elle travaille aujourd’hui dans les studios de Fun Radio, où elle participe à la fabrication d’émissions pensées autant pour l’antenne FM que pour les réseaux sociaux.
Fingers in the Prod : une approche de production née hors des studios radio
Avant d’intégrer les équipes d’une station nationale, Christina Guilloton a développé son savoir-faire à travers Fingers in the Prod, un projet orienté vers la création de contenus vidéo. Le nom résume l’état d’esprit : les mains dans la production, sans intermédiaire.
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Ce type de parcours, ancré dans la pratique terrain plutôt que dans un cursus audiovisuel linéaire, se retrouve de plus en plus chez les professionnels qui rejoignent les grandes antennes. Les stations de radio cherchent des profils capables de filmer, monter et publier rapidement, pas uniquement des techniciens du son ou des journalistes de formation.
Christina Guilloton a construit ce socle de compétences en amont, ce qui explique la fluidité de sa transition vers un environnement radio filmée.
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Christina Guilloton productrice sur Fun Radio : un rôle hybride en studio
Aujourd’hui, Christina Guilloton occupe un poste de productrice et réalisatrice de contenus pour Fun Radio. Elle intervient notamment autour de l’émission diffusée en fin d’après-midi, animée par Cyril Hanouna.

Son rôle dépasse la simple captation. Elle coordonne le tournage multi-caméras en studio, supervise le montage de formats très courts et s’assure que chaque séquence fonctionne aussi bien à l’antenne que sur Instagram ou TikTok. C’est un poste qui n’existait pas sous cette forme il y a quelques années dans les stations FM françaises.
Les Reels publiés sur le compte officiel de la station montrent son implication directe : jeux d’antenne, séquences de coulisses, chroniques humoristiques, moments spontanés captés entre deux prises. Chaque contenu est pensé dès l’origine pour une double diffusion, radio et plateformes vidéo courtes.
Ce que change la radio filmée dans le quotidien d’une productrice
En radio traditionnelle, la production se concentre sur le conducteur, le calage des chroniques et la gestion du flux audio. Avec la radio filmée, le travail se dédouble.
- Chaque séquence d’antenne doit être visuellement lisible, avec un cadrage et un éclairage adaptés aux formats verticaux des réseaux sociaux
- Le montage intervient en quasi-temps réel pour publier les extraits les plus percutants dans les minutes qui suivent la diffusion FM
- Le ton adopté en studio évolue : les animateurs jouent davantage pour la caméra, ce qui demande une coordination étroite entre productrice et équipe d’antenne
Christina Guilloton se retrouve au carrefour de ces contraintes. Elle fait le lien entre le studio radio classique et les codes de publication des plateformes sociales.
Radio et réseaux sociaux : la stratégie de contenus courts sur Fun Radio
Vous avez probablement déjà vu passer un extrait d’émission radio dans votre fil Instagram sans même savoir de quelle station il venait. C’est exactement l’objectif de la stratégie dans laquelle s’inscrit le travail de Christina Guilloton.
Les extraits qu’elle produit pour Fun Radio adoptent un ton volontairement spontané, parfois décalé. Blagues, confidences d’auditeurs, micro-moments de coulisses : le format emprunte les codes des streamers et des podcasteurs plutôt que ceux de la FM traditionnelle. Cette orientation vise un public qui n’allume plus un poste de radio mais consomme du contenu audio-vidéo sur son téléphone.

Cette approche n’est pas propre à Fun Radio. La plupart des grandes stations françaises investissent dans la radio filmée depuis quelques saisons. Ce qui distingue le travail de Christina Guilloton, c’est son parcours de productrice indépendante reconverti en poste intégré au sein d’une station du groupe. Elle apporte une culture de création rapide, orientée résultat visuel, que les profils radio classiques n’ont pas toujours.
Produire pour l’antenne et pour le scroll : deux logiques à concilier
Le défi quotidien d’une productrice dans ce contexte tient en une phrase : ce qui fonctionne à l’oreille ne fonctionne pas toujours à l’écran. Une chronique brillante de trois minutes peut donner un Reel plat si le visuel n’accroche pas dans la première seconde.
À l’inverse, un moment anodin en studio (un fou rire, une réaction inattendue d’un invité) peut devenir le contenu le plus partagé de la semaine. Repérer ces moments en direct demande un œil de réalisatrice, pas seulement une oreille de productrice radio.
- Le format radio classique tolère les silences, les transitions lentes, les relances verbales. Le format social punit tout temps mort par un swipe immédiat
- La durée cible d’un extrait social dépasse rarement quelques dizaines de secondes, ce qui impose de reconstruire une narration complète dans un temps très court
- Le sous-titrage automatique, le choix de la vignette et le rythme de coupe comptent autant que le contenu lui-même pour la performance du Reel
Christina Guilloton gère ces deux logiques en parallèle, chaque jour d’émission. C’est un métier de réactivité et de jugement éditorial permanent.
Le parcours de Christina Guilloton, de Fingers in the Prod aux studios de Fun Radio, illustre une mutation concrète du métier de productrice en France. La frontière entre production radio et production de contenus vidéo s’efface un peu plus à chaque nouvelle saison d’émission. Les profils qui maîtrisent les deux langages, celui de l’antenne et celui du scroll, deviennent les maillons les plus recherchés par les stations qui veulent exister au-delà de la bande FM.

